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Un anti-cholestérol fait chuter les cours de Merck & Co. et Schering-Plough

31 mar 2008

dans " Stratégies "

Une étude clinique très critique de cardiologues sur Vytorin, un anti-cholestérol commercialisé par Merck & Co. et Schering-Plough, a fait dégringoler le cours des deux big pharmas, hier à New-York. Merck & Co. a signé la plus mauvaise performance du Dow Jones 30, l'indice phare de la bourse américaine : - 14,96 % à 37,85 $. Pour Schering-Plough, coté au New-York Stock Exchange, la chute a été plus sévère encore : - 25,9 % à 14,43 $.
Le traitement, qui combine le Zocor (simvastatine) de Merck & Co. et le Zetia (ezetimibe) de Schering-Plough, n'a produit aucun résultat concluant, selon les auteurs de l'étude. Ces derniers recommandent de prescrire des doses élevées de statines avant le Vytorin ou le Zetia seul.
L'objectif de l'essai clinique, conduit en Europe sur 720 patients ayant un taux de cholestérol très élevé dû à des facteurs génétiques, était de déterminer si le Vytorin était plus efficace que le Zocor seul pour réduire les plaques dans les artères. Bien qu'achevée en 2006, l'étude n'avait été révélée par Merck & Co. et Schering-Plough qu'en janvier dernier. Depuis, les ventes cumulées de Vytorin et de Zetia (5 Mds$ en 2007) ont baissé de 10 % et les cours boursiers des deux laboratoires ont déjà fondu de 30 %.
L'an passé, Merck & Co. et Schering-Plough ont entrepris un nouvel essai clinique sur 10 000 patients, porté à 18 000 récemment, afin de démontrer que la réduction du cholestérol obtenu par le Zetia se traduisait par moins d'attaques cardiaques et cérébrales qu'avec les statines seules.

Sanofi-Aventis supprime 471 emplois de chimie pharma à Vitry

31 mar 2008

Le laboratoire Sanofi-Aventis devrait annoncer au comité central d’entreprise, demain mardi 1er avril, la suppression de 471 emplois sur les 661 que compte l’unité de production de principes actifs pharmaceutiques de Vitry-sur-Seine (94). Parallèlement, le groupe français créerait 106 emplois, à l’horizon 2011, dans une unité de recherche biotechnologique.
Outre la sévère décrue d’emplois directs sur ce site « que l’on savait menacé depuis un certain temps, la chimie en ville n’étant plus possible » précise un porte-parole de la CFDT, « près de 300 emplois seraient supprimés chez les sous-traitants », toujours selon le syndicat. La batterie habituelle de mesures d’accompagnement sera déployée.
Le développement du site de Vitry en direction des biotechnologies avait été confirmé en début d’année. Ce site du sud-est parisien se trouve, en effet, à proximité immédiate du BioPark de la ZAC Masséna, inauguré il y a dix-huit mois, de l’Institut Gustave-Roussy, à Villejuif, et du CHU Henri Mondor, à Créteil.

Mylan veut imposer sa marque en France

28 mar 2008

dans " Podcast "

Wyeth supprime 1 200 emplois et s’inquiète

28 mar 2008

dans " Stratégies "

Downsizing, quand tu nous tiens… Wyeth a supprimé cette semaine environ 1 200 emplois de commerciaux aux Etats-Unis. Ce coup de ciseau dans la force de vente fait partie du programme dévoilé en début d’année par la big pharma US (22,4 Mds$ de CA en 2007 pour 4,6 Mds$ de résultat net). Celle-ci avait alors annoncé que 10 % des 50 000 salariés du groupe seraient rayés des rôles d’ici à 2011.
Il faut dire que les démêlés avec Teva, qui a obtenu en septembre dernier le droit de commercialiser une copie du Protonix (pantoprazole) alors que le brevet américain ne doit expirer qu’en juillet 2010, ne contribuent pas à rendre sereine la firme de Madison (New-Jersey). Avec 1,9 Md$ de ventes annuelles, cet anti-ulcéreux – licencié à Wyeth par Nycomed/Altana (voir le post d’hier 27 mars) - est la 4e vente du groupe. Aux dernières nouvelles, Teva – qui n’a toujours pas commercialisé son pantoprazole - et Wyeth seraient en pourparlers pour le règlement du conflit.
Autre motif d’inquiétude, la FDA a retoqué pour la deuxième fois le bazedoxifène, candidat à la prévention de l’ostéoporose post-ménopausique, estimant les données cliniques fournies insuffisantes. Seule nouvelle apaisante, l’approbation par la même FDA de l’antidépresseur Pristiq (succinate de desvenlafaxine), qui doit prendre le relais d’Effexor (venlafaxine). Les analystes estiment toutefois que le Pristiq rapportera, en rythme annuel, moitié moins que les 3,8 Mds$ d’Effexor.

Nycomed externalise ses API en Inde

27 mar 2008

Nouvel avatar du mouvement d’outsourcing évoqué dans notre post d’hier 26 mars à propos de l’industrie britannique, la middle pharma d’origine danoise Nycomed – dont le siège est à Zürich (CH) – va transférer en Inde la production de ses principes actifs, incluant probablement tout ou partie de sa molécule vedette, le pantoprazole.
Nycomed est déjà partenaire, au côté de l’indien Zydus Cadila Healthcare, d’une JV dénommée Zydus Nycomed, créée en 1999. Cette dernière produit des intermédiaires de synthèse destinés notamment à la fabrication du pantoprazole, l’inhibiteur de la pompe à protons sur lequel Nycomed avait mis la main à l’automne 2006 en signant, pour 4,5 Mds€, l’acquisition de l’allemand Altana Pharma. Grâce à cette opération, le laboratoire danois avait quadruplé de taille, passant de 750 M€ de CA en 2005 à plus de 3,5 Mds€ en 2007. Il est à noter que Nycomed a bouclé fin février l’acquisition de l’américain Bradley Pharmaceuticals, une speciality pharma en dermatologie, qui réalise environ 450 M$ (300 M€) de ventes annuelles.
L’outsourcing indien de Nycomed entraînera une réduction d’effectif estimée à 200 personnes sur deux anciens sites d’Altana Pharma, Singen (D) et Linz (A), qui emploient au total 1 390 personnes. On estime généralement que les coûts de production des API sont 30 à 40 % moins élevés en Inde que dans les pays occidentaux.
On apprend au même moment que Nicholas Piramal et Arch Pharmalabs, deux autres laboratoires indiens, se sont mis en quête de capacités de production d’API à racheter en Europe.

Outsourcing et offshoring : le nouveau credo de l’industrie britannique du médicament

26 mar 2008

Si les industriels français du médicament se plaignent des décisions de leur gouvernement, qu’ils se rassurent, leurs homologues britanniques ne sont pas plus satisfaits du leur. Nigel Brooksby, pdg de Sanofi-Aventis au Royaume-Uni et président de l’Association of the British Pharmaceutical Industry (ABPI), l’équivalent de notre Leem, dénonçait récemment le coup de force du gouvernement de sa gracieuse Majesté, par suite de l’abandon du pharmaceutical price regulation scheme (PPRS), un accord signé en 2005 qui garantissait pourtant une stabilité des prix du médicament pour cinq années.
Une enquête réalisée par la même ABPI auprès d’une centaine de laboratoires installés outre-Manche traduisait une grande inquiétude, 83 % des dirigeants interrogés s’attendant « à une dégradation de la situation ». Il est à noter que l’industrie britannique du médicament emploie 70 000 personnes et contribue pour un quart aux dépenses de R&D du pays avec 4 Mds£ (6 Mds€) investis chaque année.
Du coup, les compagnies britanniques menacent d’externaliser et de délocaliser leurs productions pour bénéficier de meilleures conditions d’exploitation. Plus d’un tiers des laboratoires sondés (35 %) indiquent qu’ils ont l’intention de réduire leur niveau d’investissement en R&D, tandis que près de la moitié envisagent d’abandonner des essais cliniques (46 %) ou de réduire leur production (42 %).
Le premier d’entre eux, GlaxoSmithKline (GSK), vient d’annoncer une nouvelle cure d’amaigrissement de son usine « historique » d’Ulverston, dans le nord-ouest de l’Angleterre. D’ici à 2010, ce site de production d’antibiotiques (céphalosporines) ne comptera plus que 210 salariés, contre 540 aujourd’hui et plus de 1 000 au début de la décennie. La raison avancée par la direction est la tombée dans le domaine public de plusieurs des antibiotiques fabriqués sur place. Certaines productions seront externalisées à des fabricants « offrant de meilleures conditions de coûts » a précisé un porte-parole de GSK. Il faudra d’ailleurs s’attendre à d’autres coupes claires dans les sites de production du n°2 mondial, dont les mots d’ordre sont au diapason de ceux des autres big pharmas : standardisation, consolidation, outsourcing et offshoring.

Les Etats-Unis investissent toujours aussi massivement dans les biopharms

25 mar 2008

dans " Biotechs "

A faire pâlir d’envie leurs homologues européennes ! Les plates-formes de R&D américaines spécialisées dans les biotechnologies bénéficient de confortables concours financiers. Selon une étude réalisée par le fonds d’investissement californien Burrill & Company et l’association Pharmaceutical Research & Manufacturers of America (PhRMA), elles ont bénéficié en 2007 de 58,8 Mds$ d’investissements à comparer avec les 55,2 Mds$ engagés en 2006… qui avait déjà été présentée comme une année record.
D’ailleurs, selon Billy Tauzain, le président de PhRMA, le millésime 2007 « signe la 25e année de croissance quasi-ininterrompue des investissements de recherche au profit de la biopharmacie ». Rien d’étonnant dans ce contexte à ce que le pipe des Etats-Unis affiche une santé éclatante : près de 2 700 produits en développement clinique dans 4 600 indications thérapeutiques, dont 600 anti-cancéreux, 300 molécules dédiées aux pathologies rares et 273 médicaments potentiellement indiqués dans le traitement des affections cardio-vasculaires. Qui dit mieux ?

Croissance assurée pour Elaiapharm en 2008

21 mar 2008

dans " Podcast "

Marché du médicament en Algérie : attention aux pièges

20 mar 2008

dans " Stratégies "

La croissance du marché du médicament au Maghreb, et en particulier en Algérie (+ 30 % par an), suscite la convoitise des laboratoires européens, particulièrement ceux de taille médium. Si les autorités algériennes tiennent à préserver les positions de Saïdal, le laboratoire pharmaceutique partiellement privatisé (40 % du marché), « de belles opportunités existent» assure Pascal Renaudin, le responsable du bureau d’Alger du cabinet d’avocats d’affaires Lefèvre Pelletier & Associés, qui accompagne les projets maghrébins des laboratoires européens.
« Il faut d’emblée éviter les écueils majeurs » avertit l’avocat français. Les demandes d’AMM déposées en Algérie auprès d’une instance dépendant du ministère de la Santé ne « doivent pas concurrencer les médicaments de Saïdal et des producteurs locaux ». En moyenne, une AMM peut être obtenue en 120 jours, mais une période complémentaire de 90 jours peut être imposée.
Les projets doivent prévoir un support local de qualité. Le pays étant classé « rouge » dans l’échelle des risques liés au terrorisme, il est parfois difficile d’y envoyer des cadres expatriés. Il faut prévoir des efforts importants de formation pour que les équipes soient en capacité de lutter contre la contrefaçon. Il est notamment essentiel de vérifier que les médicaments sont bien distribués par des pharmacies agréées. Certains points de vente « pirates » parviennent à commercialiser, parfois côte à côte, la contrefaçon et le médicament original. Dans cette perspective, il est plutôt conseillé de nouer une JV avec un partenaire local : ces alliances sont d’ailleurs regardées avec bienveillance par les pouvoirs publics algériens.

Après Pfizer, la rumeur AstraZeneca fait grimper l’action Shire

19 mar 2008

dans " Stratégies "

La middle pharma britannique Shire fait décidément l’objet de toutes les attentions. Après Pfizer en fin de semaine dernière, c’est une rumeur de dépôt d’offre d’AstraZeneca qui a fait grimper hier mardi le cours de l’action, cotée à la Bourse de Londres (indice Footsie 100). Cette dernière a atteint en séance 10,64 £ (+ 6,5 %), valorisant la société à 5,95 Mds£ (7,63 Mds€). Dans la matinée de ce mercredi 19 mars, le soufflé était quelque peu retombé, le cours se stabilisant à 10,16 £ en milieu de matinée.
Les prévisions des analystes - notamment celui de la banque suisse UBS, qui a alimenté la rumeur - allaient bon train, fixant l’offre présumée d’AstraZeneca à 14,25 £, plus généreuse que celle de 13 £ prêtée à Pfizer en fin de semaine passée. Cet intérêt soudain pour un laboratoire qui ne représente même pas la moitié du français Servier (1,56 Md€ de CA pour le britannique, 3,5 Mds€ pour le français) prouve que la chasse au perdreau a repris chez les big pharmas. AstraZeneca, qui a réalisé en 2007 un CA de 29,5 Mds$ (18,9 Mds€), pourrait voir ses ventes redescendre autour de 20 Mds$ dans les cinq ans à venir si aucune opération de croissance externe n’est engagée. La tombée dans le domaine public de plusieurs molécules vedettes serait, bien entendu, à l’origine de cette décrue. Après avoir taillé dans ses coûts - à hauteur de 10 % - l’intégration de Shire créerait 1,66 Mds$ de valeur, toujours selon les analystes, pour les actionnaires d’AstraZeneca.
Bien loin de ces considérations financières, l’intersyndicale de l’usine française de Dunkerque (650 salariés) a déclenché lundi 17 mars un mouvement de grève. D’autres rumeurs, cette fois de licenciements, en sont à l’origine : 30 % de l'effectif total du site serait touché, suite à la décision du groupe anglo-suédois d'externaliser certaines de ses activités « support » (RH, informatique, achats, logistique, service paie, etc.).