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Sanofi-Aventis : le prince et la belle endormie

30 sep 2008

dans " Stratégies "

Selon une étude réalisée par Natixis Securities, recommandant le titre à l’achat, le français Sanofi-Aventis dispose de nombreux atouts que lui envient ses grands concurrents anglo-saxons. Ainsi, le groupe français « a une position de force dans plusieurs segments du marché non généricables ». Il est, par exemple, en passe « de devenir leader mondial de l’insuline avec le Lantus, dont le CA va plus que doubler d’ici 2014, apportant 2,5 Mds$ supplémentaires ». Le leadership de Sanofi-Pasteur dans les vaccins, avec une progression à deux chiffres, constitue un autre atout de première importance.
Natixis Securities note également que 2009 sera l’année du lancement du Multaq (dronédarone), un traitement cardiovasculaire promis à devenir rapidement un blockbuster. Cet apport compensera au moins partiellement les pertes de CA provoquées par la fin de l’exclusivité de certains anticancéreux (Taxotere/Exolatine) et l’impact négatif sur le résultat net de la tombée dans le domaine public du Plavix. L’étude souligne aussi les positions fortes de Sanofi dans les pays émergents qui seront consolidées par l’acquisition de Zentiva. Le « base business », cet ensemble de petits produits locaux progressivement repositionnés sur ces marchés émergents à fort potentiel, est appelé à croître spectaculairement.
Enfin, tout en ayant déjà entamé une action dans ce domaine – réduction de 2,4 % des effectifs dans la pharma en 2007 (hors vaccins) –, le groupe devrait être « en mesure de réduire ses frais commerciaux de 3 points d’ici à 2014 ». Et si Sanofi a « réduit le nombre de ses sites industriels, (il) peut sans doute aller plus loin dans ce domaine » conclut l’étude.
Dans ce contexte, la nomination de Chris Viehbacher à la place de Gérard Le Fur s’inscrit « dans une volonté de valorisation rapide du titre ». Ce manager anglo-saxon « devrait avoir les coudées franches pour appliquer sa stratégie », ce qui fait dire aux rédacteurs de l’étude Natixis « que la belle endormie a trouvé son prince ».

Et si ImClone… et si Bristol-Myers Squibb…

29 sep 2008

dans " Stratégies "

Début d'automne difficile pour Bristol-Myers Squibb. Après l’annonce de la fermeture de deux de ses usines françaises (avec une possible cession d’Epernon, rappelons-le), voilà qu’ImClone se fait désirer. La biotech américaine, que BMS convoite, affirme qu’un autre laboratoire pharmaceutique est prêt à débourser 6,1 Mds$ – soit 70 $ par action – pour s’octroyer l’intégralité de son capital. Ce qui représente un bonus de 1,4 Md$ par rapport à l’offre initiale de 60 $ par action du laboratoire new-yorkais, timidement relevée à 62 $ la semaine passée. Seul petit avantage pour BMS dans cette course : il possède déjà un sixième du capital d’ImClone.
Info ou Intox de la part du board d’ImClone, que préside le célèbre Carl Icahn, spécialiste incontesté du poker menteur ? Mercredi dernier, il avait qualifié « d’absurde » la nouvelle proposition de BMS sur ImClone. L’identité de l’auteur de cette counter-bid virtuelle alimente naturellement beaucoup blogs et gazettes outre-Atlantique. Pfizer, comme toujours, mais aussi Merck KgaA, auquel ImClone a licencié l’Erbitux, GSK, AstraZeneca et Sanofi-Aventis sont cités. On ne prête qu’aux riches, c’est bien connu.
Mais si Sanofi-Aventis est dans le coup du rachat d’ImClone, il vise peut-être aussi plus gros. Le départ de Gérard Le Fur pourrait réveiller les appétits du n°4 mondial pour Bristol-Myers Squibb. On se souvient que, l’an passé, Jean-François Dehecq poussait au lancement d’une OPA – de préférence amicale – sur BMS alors que son directeur général optait plutôt pour des investissements ciblés en R&D. L’arrivée d’un nouveau directeur général connaissant sur le bout des doigts le marché US du médicament relance, de facto, les spéculations sur une méga-fusion. Reste que la crise financière mondiale, ressentie de façon particulièrement aiguë par les grandes banques d’affaires qui, seules, peuvent monter une opération de ce type, ne milite pas en faveur d’une OPA. D’un autre côté, à aujourd’hui moins de 21 $, l’action BMS a perdu 10 $, soit un tiers de sa valeur, en un an. Et les boursiers savent que c’est toujours au son du canon qu’on achète…

Bristol-Myers Squibb ferme Epernon et Meymac

25 sep 2008

Image and video hosting by TinyPic Exclusif Actu Labo. Le verdict est tombé : Bristol-Myers Squibb France (BMS) vient d’annoncer aux représentants de son personnel la fermeture – ou la vente – de l’usine d’Epernon (28) pour la fin 2009, puis de Meymac (19) à la mi-2010. Le premier site, spécialisé dans les formes sèches (principalement des produits cardiovasculaires comme Pravadual, Elisor, Lopril et Sotalex, et antifongiques, comme Fungizone et Mycostatine), emploie aujourd’hui 223 personnes ; le second, dédié aux antiviraux et à quelques spécialités de médication familiale, emploie 163 personnes. BMS va se mettre en quête d’un repreneur – par exemple un façonnier pharmaceutique – pour Epernon, une usine construite en 1961 qui s’étend sur 12 000 m2 bâtis, mais a l’intention de reconvertir le site de Meymac, l’hypothèse de la vente à un industriel du secteur pharmaceutique étant à priori écartée.
Un quota de 200 postes, issus des départs naturels des unités UPSA d’Agen (1 200 salariés en CDI + 200 CDD), sera réservé aux salariés d’Epernon et de Meymac. Certains ont déjà manifesté leur intérêt. Si BMS conforte les sites agenais, qui bénéficieront d’investissements et d’environ 100 créations de postes dans les trois ans à venir, les syndicats craignent désormais l’externalisation de certaines tâches non stratégiques (personnel administratif, fonctions supports) qui pourrait toucher directement les sites agenais (Gascogne, Guyenne et le centre logistique).

Bristol-Myers Squibb pourrait annoncer la fermeture d’une usine française

24 sep 2008

Selon nos informations, le groupe américain Bristol-Myers Squibb (BMS), qui a annoncé son intention, il y a quelques mois, de supprimer une usine sur deux dans le monde, pourrait dès demain annoncer la fermeture d’un de ses sites français. Un CCE a été convoqué pour ce jeudi 25 septembre avec à l’ordre du jour un projet de restructuration des implantations industrielles françaises.
BMS exploite en France les unités UPSA d’Agen (47) qui emploient 1 400 collaborateurs (effervescents, sachets, solutés, suppositoires, comprimés), le site d’Epernon (28) (formes sèches, spécialités cardio-vasculaires, 60 millions d’unités) qui compte 250 personnes et celui de Meymac (19), une unité de 150 salariés ( 9 400 m², 20 millions d’unités par an), spécialisée dans les anticoagulants et les antiviraux (VIH).

AstraZeneca mise sur les génériques pour les marchés émergents

24 sep 2008

dans " Génériques "

David Brennan, le CEO d’AstraZeneca, vient d’indiquer que la big pharma anglo-suédoise allait mettre à l’étude l’acquisition de portefeuilles de génériques sur les marchés des pays émergents, afin « de pallier l’inévitable chute des ventes des produits princeps dans les prochaines années ».
Selon lui, la période 2011-2013 devrait être particulièrement pénible compte tenu des échéances en matière de propriété intellectuelle : « dans ce contexte, le moment est venu de procéder à des acquisitions ciblées de produits qui nous permettront de soutenir la croissance ».

Schering-Plough réduit ses effectifs commerciaux

22 sep 2008

dans " Stratégies "

Les délégués médicaux se ramassent à la pelle en ce début d’automne. Le laboratoire américain Schering-Plough vient d’annoncer qu’il allait supprimer un millier de postes commerciaux en octobre, soit près de 20 % de  son effectif. La baisse drastique des prescriptions (près du tiers) de deux traitements anti-cholestérol, le Vitoryn et le Zetia, en serait la principale cause.
En France, Schering-Plough taille aussi dans ses effectifs. Près de 330 postes – dont 206 effectivement occupés à ce jour – vont passer à la trappe au cours des prochains mois, suite au regroupement à Colombes (92) des sièges sociaux d’Organon et de Schering-Plough, installés respectivement  à Puteaux et à Levallois-Perret (92). Selon un porte-parole, cette purge, qui sera amoindrie par la création de 35 postes, « ne touchera que les effectifs commerciaux et le back-office des deux laboratoires ».

Sanofi-Aventis généreux avec ses patrons

18 sep 2008

dans " Stratégies "

Si Gérard Le Fur a payé certaines erreurs de communication (lire le post d'hier), il aura été en grande partie remboursé par la générosité du board de Sanofi-Aventis. Si le montant prévu de ses indemnités a été réduit de moitié, considérant "la durée limitée de son mandat" (2,7 M€ quand même + les stock-options), l'ancien directeur général du laboratoire français continuera à percevoir 150 000 € par mois jusqu'au 31 décembre 2010 au titre de sa mission de conseil scientifique et d'une clause de non-concurrence. Au-delà de cette date, il ne percevra "plus" que 50 000 € par mois jusqu'au 1er juin 2011, sauf à rebondir entre-temps chez un concurrent puisque la clause de non-concurrence s'éteindra au 1er janvier 2011. A cette date, il aura 61 ans et sera, normalement, à l'abri du besoin pour ses vieux jours.
Quant à son successeur Chris Viehbacher, il émargera à 100 000 € de fixe mensuel + des success fees pouvant aller jusqu'au double de son salaire, assortis d'une prime d'arrivée de 2,2 M€ et des engagements d'attribution de 265 000 actions de Sanofi, dont 65 000 gratuites (valeur, pour ces dernières, de 3 M€ au cours de bourse du 18 septembre). A son départ, il percevra au moins 2,4 M€, cette indemnité étant toutefois soumise "à des conditions de performance".

Selon la place financière, Gérard Le Fur n’aurait pas su rendre sa stratégie « visible »

17 sep 2008

dans " Stratégies "

Débarqué de la direction générale de Sanofi-Aventis il y a quelques jours (voir notre post du 10 septembre), Gérard Le Fur paierait avant tout des erreurs flagrantes en matière de communication. Tel est l'avis de plusieurs membres de la communauté financière que nous avons pu joindre au téléphone. Certes, Gérard le Fur paie aussi l’échec de l’enregistrement du rimonabant aux Etats-Unis. Mais quelles autres fautes peuvent réellement être imputées à l’ancien directeur de la recherche du groupe français ? « Il a tracé les pistes qui seront empruntées par son successeur » indique un de nos interlocuteurs. 
Sanofi-Aventis « a accéléré la cadence dans les pays émergents et en particulier en Europe centrale et orientale ; le groupe a aussi refait un peu de son retard dans les biotechs, a mis les bouchées doubles dans les vaccins et également fait une incursion notable dans la nutraceutique avec le rachat de l’australien Symbion ». Seulement, le protégé de Jean-François Dehecq n’a pas su « efficacement communiquer sur sa stratégie et marquer son territoire » commente un autre analyste de la place parisienne. Ce management timoré ne pouvait que l’isoler et l’exposer aux foudres de la Bourse.

Le naproxcinod fait flamber NicOx en bourse

15 sep 2008

dans " Biotechs "

La journée du 15 septembre 2008 sera à marquer d’une pierre blanche pour NicOx ! La bourse a salué les bons résultats cliniques du naproxcinod, une des molécules les plus prometteuses du pipe de la biotech niçoise, en faisant grimper le titre coté à l’Euronext Compartiment B, de plus de 17 %.
NicOx vient, en effet, d’annoncer les premiers résultats positifs de la seconde étude de phase III du naproxcinod chez des patients souffrant d'arthrose du genou. Le naproxcinod est le premier composé de la classe des agents anti-inflammatoires inhibiteurs de cyclooxygénase donneurs d'oxyde nitrique (CINODs), que NicOx développe comme médicament pour le traitement des signes et symptômes de l'arthrose. L’étude a atteint ses critères d’évaluation et aucun effet néfaste sur la pression artérielle n’a été constaté. L’étape suivante devrait être l’autorisation de mise sur le marché qui sera demandée tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

Fareva développe son site allemand dédié aux cytotoxiques

12 sep 2008

Le façonnier français Fareva (environ 625 M€ de CA en 2008) lance un important programme de développement de l’usine allemande de Feucht, près de Nuremberg qu’il a rachetée à Pfizer en début d’année 2008. Bernard Fraisse, son pdg, nous confirme qu’une enveloppe de 18 M€ va être engagée au profit de cette unité de 460 salariés, spécialisée dans la fabrication de cytotoxiques formes sèches. Elle sera consacrée à la construction d’une unité de production d’API dédiée aux petits volumes. Bernard Fraisse nous indique au passage que l’usine allemande, qui travaille pour une soixantaine de clients – GSK est le principal donneur d’ordres avec 7 à 8 % du CA -, a recruté près de 40 collaborateurs depuis le rachat par Fareva.
Par ailleurs, le pdg du groupe, qui pourrait annoncer prochainement de nouvelles acquisitions - un projet que nous évoquerons dans la prochaine édition papier d’Actu Labo - annonce qu’un investissement de 12 M€ va être consacré à l’achat de deux nouvelles machines BFS (Blow Fill Seal) ; elles seront déployées sur l’usine d’Excelvision d’Annonay (07) où le groupe exploite une activité de fabrication de collyres. Ce site acquis en 2002 auprès de Ciba Vision emploie aujourd’hui 360 salariés contre 220 au moment de la reprise. Rappelons que le façonnier vient d’achever sur son usine suisse de Hettlingen (fabrication et conditionnement de gels ophtalmiques et collyres) un programme d’investissement de 15 M€.