« Non, non, rien n’a changé » dans le plan Sanofi

Le 11 Octobre 2012
Imprimer
« Choqués » par les propos d'Arnaud Montebourg qui a tenu hier à « remercier Sanofi d’avoir renoncé à l’usage des licenciements et d’avoir décidé de préserver Toulouse », les syndicats de Sanofi, mobilisés dans le cadre des trois CCE et du CE qui se tiennent aujourd’hui en région parisienne et à Lyon, ont rappelé que « absolument rien n’a changé concernant le projet de restructuration ». Si on utilise désormais le terme de « départs volontaires », selon l’accord écrit obtenu par le ministre auprès de la direction de Sanofi, il reste que le chiffre de 914 postes supprimés d’ici à 2015 était déjà avancé dans le plan initial, dès la fin septembre. L’ensemble des syndicats réclament le retrait total du projet et une loi contre les licenciements boursiers. « On a l’impression que c’est encore une opération de communication de la part de la direction et que le gouvernement s'est bêtement fait avoir une nouvelle fois », tonne le représentant CGT Thierry Bodin.
Selon les calculs de l’Intersyndicale, ce projet menacerait entre 1 600 et 2 400 postes. « On ne tient pas compte des 706 salariés à qui on va proposer des transferts géographiques : que va-t-il se passer en cas de refus ? », ajoute le syndicaliste, qui souligne que l’avenir du site toulousain est toujours incertain. 
Si le ministre a précisé hier que « le site de Toulouse n’est plus dans le plan de restructuration, hormis l’infectiologie et quelques fonctions support », le transfert vers Lyon de la division infectiologie, qui emploie quelque 150 salariés, a bien été confirmé, conformément aux plans de Sanofi. Pour les syndicats, le laboratoire chercherait toujours à céder le site toulousain (640 salariés), quitte à le vendre par appartements : « Une fois débarrassés des activités de recherche sur les anti-infectieux, ils pourront le céder par morceau ». L’Intersyndicale a rendez-vous vendredi avec le ministre du Redressement productif.
En Hongrie, Sanofi a eu moins de difficultés à fermer son centre de recherche du quartier d'Ujpest, à Budapest. Suite à l'annonce faite en novembre 2011, l'unité a été fermée et ses 162 emplois supprimés cette année.