AbbVie réétudie son offre sur Shire

Le 15 Octobre 2014
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Les mesures décidées par le Trésor américain pour freiner le phénomène de « tax inversion », qui conduit des sociétés américaines à déplacer leur siège hors des Etats-Unis pour réduire leur charge d'imposition, produisent déjà leurs effets. Lundi prochain, le conseil d’administration d’AbbVie réexaminera son projet d’acquisition de la specialty pharma irlandaise Shire plc à la lumière de cette modification de la réglementation américaine : l’opération, d’un montant de 32 Md£ (54,7 Md$), permettrait notamment à la big pharma de Chicago de basculer son siège social à Dublin et de bénéficier des très avantageuses conditions fiscales locales. Ce bonus, probablement contenu dans le prix proposé pour Shire plc, est sérieusement écorné et les membres du board, qui sont seulement habilités à modifier ou à retirer leur recommandation, veulent remettre les choses à plat.
Oui mais… La rupture des négociations exclusives engagées au mois de juillet avec Shire coûterait 1,6 Md$ de dédit à AbbVie, auxquels il faudrait ajouter 500 M$ d’honoraires dépensés en pure perte. Le CEO d’AbbVie, Richard Gonzalez, a décidé de reprendre la main en précisant que l’infléchissement de la position du board qu’il préside ne suffirait pas à interrompre les négociations et « qu’il est plus déterminé que jamais à réunir les deux sociétés » : l’hypothèse d’une sur-offre de 7 Md$ circule même dans les milieux financiers.
Il y a quelques semaines, le laboratoire de Caroline du Nord Salix Pharmaceuticals avait renoncé pour les mêmes raisons à son projet de fusion avec une autre société basée en Irlande, Cosmo Pharmaceuticals.