Antidépresseurs : une étude pour rien

Le 28 Février 2008
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De l’art d’enfoncer des portes ouvertes ou de faire parler de soi à moindres frais… L’étude publiée par le Pr. Irving Kirsch du département de psychologie de l’Université britannique de Hull sur l’efficacité de quatre antidépresseurs (fluoxétine, valenfaxine, nefazodone, paroxetine) conclut à une efficacité à peine supérieure à celle d’un placebo dans le traitement des dépressions légères à modérées.
Merci, Mr. Kirsch, mais nous le savions déjà, et depuis plusieurs années ! L’Afssaps, dans un communiqué rendu public ce jour, a rappelé d’ailleurs avec sa diplomatie coutumière qu’en 2005 et en 2006, elle avait émis une série de recommandations indiquant que ces produits étaient plutôt réservés aux dépressions sévères et que leur efficacité était d’ailleurs corrélée avec l’intensité de la pathologie.
L’étude publiée dans quelques journaux savants – de fait, une compilation des données déjà recensées entre 1985 et 1992 - a  certes permis à son auteur de tenir quelques jours la vedette dans les médias… mais n’a pas fait avancer d’un iota la connaissance bien éprouvée sur le sujet.
Chez  Eli Lilly, l’inventeur du Prozac, on se borne d’ailleurs à indiquer que ce médicament, objet d’un soudain opprobre, « a été prescrit à près de 50 millions de patients dans 125 pays ». Lancé en 1986 en France, il est génériqué depuis le début des années 2000 et compte déjà une quinzaine de copies. Une belle carrière qui ne sera pas entachée par la « découverte » bien tardive du Pr. Kirsch.