Bloqué par la poison pill de Mylan, Teva acquiert les génériques d'Allergan - Actulabo

Bloqué par la poison pill de Mylan, Teva acquiert les génériques d'Allergan

Le 27 Juillet 2015
Imprimer

Le n°1 mondial des génériques, l’israélien Teva, change de stratégie. Bloqué par le Stichting (fondation, en néerlandais) exhumé du droit néerlandais par Mylan NV pour se défendre de sa tentative d’OPA, Teva vient de confirmer qu'il allait acquérir pour 40,5 Md$ la division des médicaments génériques du laboratoire irlandais Allergan, qui consolide les actifs des ex-Actavis et Watson.
Une source citée le 25 juillet par le Wall Street Journal a, la première, dévoilé le projet de Teva qui va débourser à peu près la même somme que celle proposée aux actionnaires de Mylan (40 Md$) pour absorber les génériques d’Allergan, une activité représentant aujourd’hui environ un tiers de ses quelque 23 Md$ de revenus. Après de multiples acquisitions ces dernières années, Allergan trouverait ainsi le moyen d’effacer l’essentiel de sa dette d’environ 44 Md$ et de se recentrer sur le marché beaucoup plus lucratif des médicaments de prescription : le laboratoire vient d’ailleurs d’acquérir pour 560 M$ la biopharm américaine Naurex, qui développe deux candidats contre la dépression, GLYX-13 et NRX-A074, ayant tous les deux fait la preuve de leur efficacité à l’issue d’une phase II d'essais cliniques.
De son côté, Teva consolide son leadership mondial sur les médicaments génériques et efface sa tentative manquée d’OPA sur Mylan. Ce dernier, dont le holding de tête Mylan NV a son siège aux Pays-Bas, aura finalement trouvé la parade absolue pour contrer Teva. La fondation Stichting Preferred Shares Mylan, créée au mois d’avril, venait en effet d’annoncer qu’elle allait acquérir un peu plus de 488 millions d’actions privilégiées de Mylan, lui permettant de contrôler la moitié du capital du génériqueur et faire ainsi définitivement barrage à un quelconque prédateur. Une poison pill encore plus efficace que l'annonce de l'OPA sur Perrigo, une proie valorisée pour le moment à environ 34 Md$. La bataille pour la conquête de Perrigo, soutenue par Abbott (14,5 % du capital de Mylan), va pouvoir se poursuivre, la menace Teva étant désormais écartée.