Chris Viehbacher sèchement remercié

Le 29 Octobre 2014
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L’affaire couvait depuis plusieurs jours mais peu d’observateurs pensaient qu’elle pourrait connaître une issue aussi rapide. A la surprise générale, le conseil d’administration de Sanofi, réuni ce matin à l’heure du laitier, a décidé « à l’unanimité » de mettre un terme aux fonctions de Christophe A. Viehbacher, directeur général (ou CEO, selon la dénomination anglo-saxonne) de la big pharma tricolore. Dans la foulée, celui-ci a immédiatement démissionné de son mandat d’administrateur.
Il y a encore quelques heures, le conseil d'administration annonçait le départ de Thierry Desmaret – successeur de Christophe de Margerie à la présidence de Total – mais semblait vouloir maintenir sa confiance à son directeur général, en place depuis six ans. Il se dit que celui-ci sentait pourtant le vent du boulet, à tel point qu’il avait sommé les membres du conseil d’administration de prendre position sur son sort, dans une lettre dont le contenu avait largement fuité dans la presse. Chris Viehbacher s’y étonnait des rumeurs de départ qui couraient sur son compte, estimant – avec raison – que la mise en cause de la performance du groupe ne pouvait être un « sujet ».  
Pour autant, il semble que les méthodes de management musclées de « Smiling Killer », certains manquements dans ses rapports et dans sa communication avec les membres du conseil d’administration, ainsi que son déménagement récent à Boston, aient précipité sa chute. D’aucuns y voient le travail de sape effectué patiemment depuis sa nomination par Serge Weinberg, le président de Sanofi, qui a entretenu une solide inimitié avec son directeur général. Serge Weinberg exercera d’ailleurs « à titre intérimaire » la fonction de président directeur général du groupe dans l’attente de la désignation d’un successeur au dirigeant évincé.
Dans la matinée, le titre Sanofi perdait près de 4 % à la Bourse de Paris après avoir lâché 11 % la veille. Un descente en pente raide qui a fait perdre à la big pharma le rang de plus forte capitalisation du CAC 40, au bénéfice de son ancien actionnaire Total.