Et si ImClone… et si Bristol-Myers Squibb…

Le 29 Septembre 2008
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Début d'automne difficile pour Bristol-Myers Squibb. Après l’annonce de la fermeture de deux de ses usines françaises (avec une possible cession d’Epernon, rappelons-le), voilà qu’ImClone se fait désirer. La biotech américaine, que BMS convoite, affirme qu’un autre laboratoire pharmaceutique est prêt à débourser 6,1 Mds$ – soit 70 $ par action – pour s’octroyer l’intégralité de son capital. Ce qui représente un bonus de 1,4 Md$ par rapport à l’offre initiale de 60 $ par action du laboratoire new-yorkais, timidement relevée à 62 $ la semaine passée. Seul petit avantage pour BMS dans cette course : il possède déjà un sixième du capital d’ImClone.
Info ou Intox de la part du board d’ImClone, que préside le célèbre Carl Icahn, spécialiste incontesté du poker menteur ? Mercredi dernier, il avait qualifié « d’absurde » la nouvelle proposition de BMS sur ImClone. L’identité de l’auteur de cette counter-bid virtuelle alimente naturellement beaucoup blogs et gazettes outre-Atlantique. Pfizer, comme toujours, mais aussi Merck KgaA, auquel ImClone a licencié l’Erbitux, GSK, AstraZeneca et Sanofi-Aventis sont cités. On ne prête qu’aux riches, c’est bien connu.
Mais si Sanofi-Aventis est dans le coup du rachat d’ImClone, il vise peut-être aussi plus gros. Le départ de Gérard Le Fur pourrait réveiller les appétits du n°4 mondial pour Bristol-Myers Squibb. On se souvient que, l’an passé, Jean-François Dehecq poussait au lancement d’une OPA – de préférence amicale – sur BMS alors que son directeur général optait plutôt pour des investissements ciblés en R&D. L’arrivée d’un nouveau directeur général connaissant sur le bout des doigts le marché US du médicament relance, de facto, les spéculations sur une méga-fusion. Reste que la crise financière mondiale, ressentie de façon particulièrement aiguë par les grandes banques d’affaires qui, seules, peuvent monter une opération de ce type, ne milite pas en faveur d’une OPA. D’un autre côté, à aujourd’hui moins de 21 $, l’action BMS a perdu 10 $, soit un tiers de sa valeur, en un an. Et les boursiers savent que c’est toujours au son du canon qu’on achète…