La contrefaçon dans le collimateur de Sanofi-Aventis

Le 23 Juin 2008
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Jean-François Dehecq, le pdg de Sanofi-Aventis, se veut exemplaire dans la lutte contre la contrefaçon de médicaments. « Trop longtemps, a-t-il récemment déclaré, nous avons sous-estimé un phénomène qui ne se cantonne plus à de la production marginale. Il s’est aujourd’hui complètement industrialisé ». Selon l’OMS, la contrefaçon de médicament, qui est l’un des fers de lance des réseaux mafieux internationaux, représenterait environ 10 % du marché pharmaceutique, soit 45 Mds€.
Sanofi-Aventis a décidé de prendre le problème à bras le corps : le groupe s’est doté d’une cellule interne de coordination et a ouvert début 2008 un laboratoire central d’analyse des contrefaçons (LCAC) dans l’enceinte de son usine de Tours. Cette structure scientifique emploie cinq collaborateurs et a notamment pour vocation d’analyser les produits suspects qui lui sont transmis. « Il s’agit en général de copies grossières de blockbusters, le plus fréquemment de formes galéniques assez simples telles que les comprimés, explique Christine Huber, la directrice du projet anti-contrefaçon. La plate-forme tourangelle passe ainsi au crible « plusieurs milliers de produits par an » et s’appuie aussi sur les capacités des différentes filiales étrangères du groupe (en particulier celles implantées en Chine, au Mexique, en Colombie, en Russie et au Kazakhstan).