Le vaccin, la nouvelle coqueluche de l’industrie pharma ?

Le 11 Avril 2008
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Au début des années 90, les industriels de la pharmacie avaient manifestement pris le vaccin en grippe. Les perspectives de marché et de marge paraissaient dérisoires aux yeux de quelques augures bien décidés à ringardiser définitivement ce type de produit. Changement de cap à 180° ! Depuis quelques mois, alléchés par les prévisions de croissance – selon Bionest Partners, les ventes de vaccins devraient doubler en cinq pour atteindre 30,3 Mds$ – les pharmas dopent leurs filiales dédiées à la production vaccinale. Et les investissements pleuvent ! Sur le seul territoire français, GSK Biologicals a engagé 500 M€ à St-Amand-les-Eaux (59) dans son unité de production du Gardasil, le fameux vaccin contre le cancer du col de l’utérus ; Sanofi Pasteur n’est pas en reste (200 M€) à Val-de-Reuil où est notamment produit le Vaxigrip. Mais Merck Vaccins à Durham, en Caroline du Nord (400 M$), Novartis à Holly Springs, également en Caroline du Nord (600 M$ dans une unité de production sur cellules d’antigrippaux) ou Medimmune à Frederick dans le Maryland (250 M$) tiennent également leur rang. Bien sûr, la crainte des grandes pandémies (Sras, Sida, nipah), ainsi que l’engouement pour quelques nouveautés (papillomavirus) ont joué un rôle détonnant dans ce retour en grâce. Mais les équipes de R&D travaillent d’arrache-pied à de nouveaux produits issus des biotechnologies dans des domaines très variés : à court terme, on peut ainsi s’attendre à de belles annonces dans le domaine des méningites A, B, C Y, du traitement des grippes saisonnières ou pandémique. Chez GSK, on développe des vaccins contre le cancer du poumon, l’herpès et les pneumocoques. Wyeth vient de lancer en phase III un vaccin contre la maladie d’Alzheimer co-développé avec le laboratoire irlandais Elan. Affaire(s) à suivre…