Les ventes du Lipitor/Tahor de Pfizer vont passer de 10 Md$ en 2011 à 4,6 Md$ en 2012

Le 03 Novembre 2011
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C’est à la fin du mois que le brevet du Lipitor, le médicament vedette du n°1 mondial – pour combien de temps encore ? –, tombe aux Etats-Unis. Pour l’Europe, Pfizer a encore six mois de répit. Ian Read, son CEO, prévoit une chute « très rapide » des ventes avec l’arrivée des versions génériques de son anticholestérol vedette : elles devraient être divisées par deux en 2012 pour atteindre 4,6 Md$ (contre 10,7 Md$ en 2010 et probablement un peu au-dessous de 10 Md$ cette année) et dégringoler encore à 3,2 Md$ en 2013. Seule bonne nouvelle, les ventes n’ont pas chuté au 3e trimestre, elles ont même augmenté de 3 % – à 2,6 Md$ – par rapport à la période correspondante de 2010.
Watson Pharmaceuticals et Ranbaxy devraient lancer la commercialisation de leur générique atorvastatine à la date fatidique ; en France, on sait que Sanofi a contracté avec Pfizer pour être prêt dès la tombée du brevet du Tahor, le 7 mai 2012. A la suite, d’autres génériqueurs investiront ce marché énorme.
Pfizer a déjà engagé la bataille pour limiter la casse, l’objectif étant de se maintenir à 40 % des parts de marché de l’atorvastatine en 2012, soit deux fois plus que les 20 % qui suivent habituellement la perte d’un brevet. Pfizer a déjà expérimenté au Canada un programme de fidélisation où il rembourse au patient la différence entre le Lipitor et le générique. Aux Etats-Unis, le laboratoire new-yorkais a conclu des accords avec Medco Health Solutions et Express Scripts pour livrer directement le Lipitor à leurs assurés à un prix inférieur à celui de l’officine ; il est aussi disposé à compenser le manque à gagner des pharmacies qui ne pratiqueraient pas la substitution.
Mais la grande idée de Pfizer est de vendre le Lipitor sans ordonnance. Des discussions ont été engagées dans ce sens avec la FDA : ii faudra toutefois convaincre l’autorité américaine que le Lipitor peut être distribué comme une banale aspirine.