L’insuline inhalée à bout de souffle

Le 03 Avril 2008
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Longtemps présentée comme une alternative révolutionnaire, susceptible d’améliorer la « compliance » des traitements réservés aux patients insulinodépendants, l’insuline inhalée vient d’enregistrer une série de revers qui semble la condamner définitivement, comme nous l'expliquons à la Une du dernier numéro d'Actu Labo, daté d'hier mercredi 2 avril 2008. Le laboratoire Eli Lilly vient ainsi d’annoncer qu’il mettait fin au développement d’une insuline administrée en spray (Air Insulin) avant l’issue de la phase III, invoquant à la fois les réticences du corps médical devant des effets secondaires « insuffisamment pris en compte » et de premières indications de prix « ne permettant pas d’assurer le rentabilité du produit ». Les responsables d’Eli Lilly reconnaissent que la décision prise par Pfizer d’arrêter à l’automne 2007 la commercialisation de l’Exubera, la version pionnière de l’insuline inhalée, a aussi contribué à enterrer cette « fausse bonne idée ». Un porte-parole de Pfizer nous a précisé que le produit était efficace et bien toléré, « mais qu'il a été mal accueilli par la communauté médicale et les patients qui se plaignaient de la lourdeur du protocole ». Novo Nordisk, spécialiste reconnue de l’insuline, a également stoppé en fin d’année 2007 le développement de son insuline en spray AERx, après avoir estimé « que le produit n’avait pas de réel potentiel ».