L’Oréal et Total ne détiendront plus que 13 % de Sanofi-Aventis en fin d’année

Le 29 Avril 2010
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Avant-hier, lors de l’assemblée générale des actionnaires de L’Oréal, Lindsay Owen-Jones a assuré que le leader mondial des cosmétiques « n’a pas hâte de se désengager » de Sanofi-Aventis, dont il possède encore 8,97 % du capital. Une bonne nouvelle pour le directoire du leader de la pharma française – qui vient de présenter d’excellents résultats trimestriels avec + 4 % pour le CA et + 9,7 % pour le bénéfice net – au moment où Total affiche plus que jamais son intention de céder, « d’ici à 2012 », sa participation résiduelle de 7,39 % au capital de Sanofi. Ce qui représente, au cours du jour, un peu plus de 5 Md€.
Depuis qu’il a trouvé le portefeuille d’actions Sanofi-Synthélabo dans la dot d’Elf Aquitaine, Total a modifié sa stratégie. Fin 2003, Total (24,4 %) et L’Oréal (19,5 %) formaient encore un noyau dur solide, barrière infranchissable pour tout prédateur. Un an plus tard, après la fin du pacte d’actionnaires qui liait Total et L’Oréal au capital de Sanofi-Synthélabo et la fusion de ce dernier avec Aventis, la participation des deux sociétés était tombée respectivement à 12,65 % et 10,13 %. Durant trois ans, le groupe pétrolier français – première capitalisation boursière de la zone euro – n'a pas bougé, ou presque : il détenait encore 13,06 % de Sanofi-Aventis fin 2007. Puis est venu le changement de cap, largement impulsé par Christophe de Margerie, nommé directeur général de Total en février 2007. En deux ans, le nouveau patron opérationnel de Total a mis sur le marché près de 6 % du capital de Sanofi. En 2010, le groupe a prévu de vendre 3 % des titres et ne devrait plus contrôler qu'un peu plus de 4 % du capital du n°6 de la pharma mondiale à la fin de l’année.
En face des quelque 13 % que détiendra au tout début 2011 le couple L’Oréal-Total dans Sanofi, le flottant avoisinera les 85 % du capital. Autant dire que le colosse créé en 1973 par Jean-François Dehecq est plus que jamais « opéable ». Mais qui aura l’audace, et surtout les moyens (environ 80 Md€, avec la probable surprime d’une éventuelle OPA), de s’attaquer à ce symbole de l’industrie française ?