Merck & Co. accusé d’avoir menti sur le Vioxx - Actulabo

Merck & Co. accusé d’avoir menti sur le Vioxx

Le 16 Avril 2008
Imprimer

Merck & Co. est dans la tourmente. Après la démonstration faite que Vytorin, le me-too qu’il commercialise avec Schering-Plough, est surtout destiné à soigner la perte de brevet du Zocor, le fantôme du Vioxx resurgit. Le Journal of the American Medical Association (JAMA) révèle dans son édition d’aujourd’hui que le laboratoire a minimisé à dessein les risques de son anti-inflammatoire Vioxx (rofecoxib) dans deux études cliniques conduites en 2000 et 2001.
Selon un document interne de Merck, obtenu dans le cadre des procédures judiciaires engagées par des victimes du Vioxx, les deux essais cliniques concluaient à un risque de décès trois fois supérieur chez les patients atteints d’Alzheimer. L’analyse des résultats ne mentionnait pas ces données de mortalité, qui n’auraient même jamais été transmises à la FDA, selon le JAMA. Pire, lorsque la FDA s’est interrogée sur le risque, en décembre 2001, Merck n’a pas fourni cette information défavorable au conseil de surveillance de l’agence.
En novembre 2004, deux mois après le retrait du médicament, la revue britannique The Lancet concluait que le Vioxx aurait dû être retiré du marché bien plus tôt, les risques cardiovasculaires étant déjà connus. On estime que durant les cinq ans où il a été commercialisé, le Vioxx est responsable de 88 000 à 139 000 attaques cardiaques, dont 30 à 40 % auraient été fatales.
Le JAMA accuse également Merck & Co. d’avoir financé dans diverses revues, sous la plume d’auteurs censés être indépendants, des articles vantant les mérites du Vioxx. Merck & Co. se défend de ces accusations arguant que le journal utilise des pièces à conviction du procès en cours. Pour conclure, le laboratoire déclare suivre en tout point la réglementation…