Mylan acquiert des génériques d’Abbott et le site de Châtillon-sur-Chalaronne

Le 15 Juillet 2014
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L’américain Mylan a annoncé hier la signature d'un accord pour l’acquisition d’une centaine de médicaments génériques de marques (parmi lesquels l’ibuprofène Brufen) de son compatriote Abbott, vendus en Europe, au Japon, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, dans le cadre d’une transaction de 5,3 Md$ réglée en actions. À l’issue de celle-ci, au premier trimestre 2015, les actionnaires d’Abbott détiendront 105 millions de parts, représentant environ 21 % du nouveau Mylan.
Abbott va transférer les actifs cédés, dont les contrats de travail de 2 000 salariés et deux unités de fabrication, l'une au Japon et l'autre à Châtillon-sur-Chalaronne (01), un ancien site Solvay de 300 salariés, à une nouvelle société localisée aux Pays-Bas, processus qui précèdera la fusion avec Mylan. Ce dernier, dont le CA était de 6,9 Md$ en 2013, récupère ainsi un portefeuille générant environ 1,9 Md$ de revenus et une fiscalité néerlandaise, plus généreuse que l'américaine.
De son côté, Miles D. White, le CEO d’Abbott (21,85 Md$ de CA en 2013), a indiqué que le reste de la division des médicaments génériques de marque (environ 2,9 Md$ de CA) se concentrerait sur les marchés émergents : c’est à cette lumière qu’il faut interpréter la récente acquisition pour 2,9 Md$ (et la reprise d’une dette de 430 M$) du chilien CFR Pharmaceuticals, qui affiche un CA de quelque 900 M$ sur les marchés latino-américains, et celle du russe Veropharm pour un montant d’environ 600 M$, dette comprise. Le dirigeant du laboratoire de l’Illinois a ajouté qu’il « ne s’attend pas à être un actionnaire à long terme de Mylan » et que le produit de la transaction serait utilisé pour des « opportunités qui deviendraient relutives avec le temps ».