Outsourcing et offshoring : le nouveau credo de l’industrie britannique du médicament

Le 26 Mars 2008
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Si les industriels français du médicament se plaignent des décisions de leur gouvernement, qu’ils se rassurent, leurs homologues britanniques ne sont pas plus satisfaits du leur. Nigel Brooksby, pdg de Sanofi-Aventis au Royaume-Uni et président de l’Association of the British Pharmaceutical Industry (ABPI), l’équivalent de notre Leem, dénonçait récemment le coup de force du gouvernement de sa gracieuse Majesté, par suite de l’abandon du pharmaceutical price regulation scheme (PPRS), un accord signé en 2005 qui garantissait pourtant une stabilité des prix du médicament pour cinq années.
Une enquête réalisée par la même ABPI auprès d’une centaine de laboratoires installés outre-Manche traduisait une grande inquiétude, 83 % des dirigeants interrogés s’attendant « à une dégradation de la situation ». Il est à noter que l’industrie britannique du médicament emploie 70 000 personnes et contribue pour un quart aux dépenses de R&D du pays avec 4 Mds£ (6 Mds€) investis chaque année.
Du coup, les compagnies britanniques menacent d’externaliser et de délocaliser leurs productions pour bénéficier de meilleures conditions d’exploitation. Plus d’un tiers des laboratoires sondés (35 %) indiquent qu’ils ont l’intention de réduire leur niveau d’investissement en R&D, tandis que près de la moitié envisagent d’abandonner des essais cliniques (46 %) ou de réduire leur production (42 %).
Le premier d’entre eux, GlaxoSmithKline (GSK), vient d’annoncer une nouvelle cure d’amaigrissement de son usine « historique » d’Ulverston, dans le nord-ouest de l’Angleterre. D’ici à 2010, ce site de production d’antibiotiques (céphalosporines) ne comptera plus que 210 salariés, contre 540 aujourd’hui et plus de 1 000 au début de la décennie. La raison avancée par la direction est la tombée dans le domaine public de plusieurs des antibiotiques fabriqués sur place. Certaines productions seront externalisées à des fabricants « offrant de meilleures conditions de coûts » a précisé un porte-parole de GSK. Il faudra d’ailleurs s’attendre à d’autres coupes claires dans les sites de production du n°2 mondial, dont les mots d’ordre sont au diapason de ceux des autres big pharmas : standardisation, consolidation, outsourcing et offshoring.