Pfizer renoue avec l'esprit de conquête

Le 05 Mars 2008
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L’empire contre-attaque ! Le numéro un mondial, confronté à l’érosion de son modèle économique fondé sur l’exploitation de blockbusters tel que le Lipitor, entravé par d’importantes surcapacités industrielles, ne désarme pas. Il a présenté aujourd’hui les pistes de développement qu’il entendait emprunter après avoir repositionné ses activités de R&D « sur les segments les plus prometteurs » a indiqué le Dr. Martin Mackay, le président de PGRD.
Celui-ci promet qu’à la fin 2009, le groupe aura augmenté le nombre de programmes en phase III de 50 à 75 %, ce qui lui permettrait de disposer, à cette date, d’un pipe d’innovation de 24 à 28 produits.
Du coup, les dirigeants de Pfizer seraient en mesure d’engager entre 15 et 20 procédures d’autorisations entre 2010 et 2012. Sans surprise, les responsables de la R&D du numéro un mondial visent les marchés de l’oncologie, de la douleur, du diabète, de l’obésité et des pathologies du SNC (Alzheimer, schizophrénie).
Ces annonces, censées remonter le moral des investisseurs, sont-elles bien sincères ? Le potentiel des produits de spécialités identifiés par Pfizer suffira-t-il à combler l’affaissement des blockbusters ? Encore trop tôt pour le dire. Le colosse américain y croit dur comme fer et prévoit de détenir 6 % du marché mondial en 2012 contre environ 4 % aujourd’hui.
Cet esprit de conquête passe naturellement par un traitement spécifique de la Chine promis à entrer dans le top 5  des grands marchés mondiaux dès 2010. Pfizer prévoit ainsi de disposer rapidement de relais opérationnels dans 650 métropoles chinoises contre 110 aujourd’hui.