Pluie d’investissements pharmaceutiques sur l’Irlande

Le 14 Avril 2008
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L’Irlande peut s’enorgueillir d’être devenue la destination favorite des industriels de la pharmacie. Eli Lilly vient ainsi de débuter la construction d’une nouvelle unité de biopharmacie à Kinsale, près de Cork, où l’américain exploite déjà une usine de 430 salariés dédiée à la fabrication du Ziprexa (traitement de la schizophrénie) et de l’Evista (traitement de l’ostéoporose). Le projet, qui représente un investissement de plus de 400 M€, devrait se traduire dans les cinq prochaines années par la création de 200 emplois. La biotech Genzyme poursuit, pour sa part, un important programme de développement à Waterford (sud de l’Irlande), où elle compte une usine de 380 salariés et une plate-forme de R&D : elle va ajouter 130 M€ et 200 emplois à son dispositif. Ces projets de grande ampleur sont venus renforcer les investissements annoncés ces derniers mois par Wyeth, Elan, Schering-Plough, Teva, Gilead, GeneMedix, Lancaster Laboratories ou... Servier, même si Amgen a fini par renoncer, à l’automne dernier, au mirifique investissement de 1 Md$, créateur de 1 100 emplois, qu’elle envisageait d’implanter à Cork plutôt qu’en Suisse, longtemps en course pour ce qui aurait été le plus gros investissement biopharmaceutique jamais engagé en Europe.
Selon l’agence de développement gouvernementale IDA Ireland, l’industrie pharmaceutique est devenue l’un des secteurs les plus importants du pays avec 35 000 salariés et près de 43 Mds€ d’exportations chaque année. Environnement fiscal favorable, qualité de la main d’œuvre : les mécanismes incitatifs qui ont déjà permis à l’Irlande de s’imposer dans d’autres secteurs industriels (informatique, électronique) jouent à plein. Mais il faut aussi compter avec l’engagement résolu des pouvoirs publics qui ont établi un véritable plan de bataille dans le domaine des sciences de la vie en lui réservant une enveloppe de 8,2 Mds€ d’ici à 2013. Le projet est de doubler le nombre de diplômés du second cycle, de promouvoir la commercialisation des brevets universitaires et de soutenir massivement les entreprises de R&D. Easy, isn’t it ?