Sanofi-Aventis doit-il vivre seul ou en couple ?

Le 18 Février 2008
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Si l’année 2007 a été plutôt meilleure que prévue, avec un résultat net de près de 7 Mds€ et un CA maintenu aux alentours de 28 Mds€, l’avenir de Sanofi-Aventis reste en suspens. Le pipeline ne devrait contribuer significativement aux résultats qu’à partir de 2012 et le rimonabant, présenté comme la molécule miracle, est soumis à de nouvelles études tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Comme d’autres groupes, Sanofi-Aventis compte « redéployer des ressources vers les segments les plus prometteurs », indiquait récemment Marc Cluzel, le directeur de sa recherche, excluant au passage « toute fermeture de site de recherche en 2008 ». Ce qui amène à s’interroger sur la suite.
Mais la grande incertitude concerne l’indépendance de Sanofi-Aventis. Total et L’Oréal détiennent à eux deux un peu moins de 22 % du capital (vs. les 54,5 % que se partageaient Elf-Aquitaine et le même L’Oréal en 1998, au moment de la fusion entre Sanofi et Synthélabo). La part du flottant rend donc tout à fait possible une OPA sur un groupe qui représente, au cours actuel, une capitalisation boursière d’environ 72 Mds€, ce qui ne représente jamais que 10 fois les bénéfices.
Sachant toutefois qu’une offre publique d’achat s’établit au moins 20 % au-dessus du dernier cours connu, un éventuel prédateur devra débourser près de 45 Mds€ pour ramasser la moitié du capital de Sanofi-Aventis. Aucun groupe pharmaceutique ne dispose d’un tel trésor de guerre pour y aller seul. Il lui faudra s’appuyer sur un syndicat d’établissements financiers et la période s’y prête modérément. Pfizer, qui achève de remettre de l’ordre dans la boutique, figure toujours en tête des prédateurs potentiels. Béatrice Muzard, l’analyste financière chez Natixis Securities que nous avions interrogée au mois de janvier, nous faisait judicieusement remarquer qu’un ensemble constitué par Sanofi-Aventis et Pfizer aurait à gérer la tombée dans le domaine public de deux blockbusters : le Lipitor et le Plavix. C’est beaucoup pour un seul laboratoire, fût-il le premier au monde. Novartis, éconduit en 2004 par les pouvoirs publics français lors de l’OPA sur Aventis, aura-t-il une seconde chance ? Les deux portefeuilles de Sanofi-Aventis et du suisse seraient assez complémentaires, tout comme l’implantation géographique de Sanofi-Aventis et de Merck & Co., l’autre big pharma citée comme pouvant être intéressée par le français.