Cette fois-ci, l’heure est grave. Face au risque « de déclassement sanitaire » encouru par la France, Thierry Hulot, le président du Leem, a appelé aujourd’hui sur un ton grave à une révision totale de la politique du médicament, et « à l’organisation d’États généraux » qui acteraient cette réorientation des politiques publiques. Prise en tenaille entre les décisions de l’administration américaine qui visent à recouvrer une totale indépendance sanitaire et la programmation pluriannuelle chinoise prévoyant des investissements massifs au service de l’innovation thérapeutique, la France, qui ne représente que 3 % du marché mondial, serait exposée à un risque imminent de décrochage dans le domaine de la recherche clinique et du manufacturing, « un décrochage qui a déjà débuté au Royaume-Uni et qui pourrait bientôt gagner notre pays », a prévenu Thierry Hulot.
En ligne de mire du Leem figurent les ponctions fiscales qui pourraient s’abattre sur l’industrie pharmaceutique au titre du PLFSS 2026. « Une nouvelle taxe de 1,6 Md€ prélevée dès l’origine doit venir s’ajouter à la clause de sauvegarde (1,8 Md€ en 2024) qui est calculée à posteriori. Ces enveloppes viendront s’ajouter aux nouvelles baisses de prix qui devraient dépasser le milliard d’euros. Ce n’est pas tenable », s’insurge Thierry Hulot. Le Leem concentre aussi ses critiques sur les blocages « incompréhensibles » qui ont pénalisé le dispositif d’accès précoce (AP) au marché pré-AMM. Seulement deux AP ont ainsi été accordés depuis le début de l’année : « Les patients français attendent en moyenne 523 jours pour accéder à une innovation contre 50 jours en Allemagne. Leur accès aux traitements innovants est menacé ».




