Un an après s’être engagée auprès de l’État à maintenir la production en France et à investir 70 M€ sur ses sites de Lisieux (Calvados) et de Compiègne (Oise) pour 2029, Opella, l’ex-spin-off de Sanofi dédiée aux produits OTC – et notamment à la fabrication de l’emblématique Doliprane – s’est ingéniée à rassurer les pouvoirs publics. Ceux-ci affichaient en effet une certaine nervosité depuis l’officialisation de la prise de contrôle en avril dernier du groupe (5 Md€ de CA) par le fonds d’investissement américain Clayton Dubilier & Rice. À l’occasion du salon Choose France qui s’est tenu ce jour, les dirigeants d’Opella ont confirmé leurs bonnes intentions en indiquant que 40 M€ – 25 M€ pour Lisieux, 15 M€ pour Compiègne – allaient bien être investis d’ici à la fin 2026.
Le programme industriel va notamment se traduire par l’installation d’un nouveau granulateur à Lisieux, une usine de formes solides qui se consacre exclusivement à la production et au conditionnement du Doliprane pour le marché français (entre 250 et 300 millions d’unités produites annuellement). « Cet investissement peut nous permettre en théorie d’accroître notre capacité de 40 % » nous indique Rafik Amrane, directeur des opérations industrielles d’Opella, « mais il faudra nous doter de capacités de conditionnement complémentaires. Ce nouveau granulateur va surtout nous donner plus d’agilité et de flexibilité pour faire face à la saisonnalité et à la très forte variabilité des volumes vendus ». Par exemple, des automnes trop cléments – comme celui que nous traversons – ne sont en effet pas propices à l’apparition des affections saisonnières. À Compiègne, le programme d’investissement ne comportera qu’une faible part capacitaire, et sera essentiellement fléché vers la sécurisation et la protection de cette usine de 500 salariés, notamment contre le risque d’inondation auquel elle est exposée. Le site, qui bénéficie de l’agrément FDA, abrite la fabrication de 80 spécialités (Doliprane, Dulcolax, Allegra, Mucosolvan) qui sont distribuées dans près de 80 pays.
Selon la CGT, « cette annonce qui reconditionne des projets déjà rendus publics ne lève pas tous les doutes sur la permanence des effectifs ». Le syndicat observe que l’usine de Lisieux bénéficie d’un dispositif GEPP (gestion des emplois et des parcours professionnels) « qui doit se traduire par le départ d’une dizaine de personnes qui ne seront que très partiellement remplacées ».




