Inaugurée il y a moins d’un an, l’unité de bioproduction construite sur le campus Curie de l’Oncopole de Toulouse par l’allemand Evotec devrait être vendue à Sandoz. La spin-off de Novartis, dont l’activité biosimilaire est en croissance forte (+ 29 % à 2,9 Md$ en 2024, sur un CA total de 10,4 Md$), a en effet signé une lettre d’intention « non contraignante » pour la reprise de cette usine de la division Just-Evotec Biologics. Le génériqueur suisse avait largement étendu son partenariat stratégique avec celle-ci, jusqu’à devenir quasiment son seul client. Le prix convenu serait de 300 M$, auxquels pourraient s’ajouter milestones et royalties. Cette unité J.PROD de 15 000 m2, dont 4 000 m2 de salles blanches, a été achevée à la rentrée 2024 : elle devait employer à terme 150 salariés.
Si Evotec n’a pas communiqué sur les raisons qui la poussent à se séparer d’une usine quasiment neuve, on sait la drug discovery de Hambourg en grande difficulté. En fin d’année dernière, Halozyme Therapeutics et le fonds américain Triton avaient lorgné sur une proie alors facile qui avait bouclé son exercice 2024 sur un CA de 797 M€ assorti de 200 M€ de pertes. En deux ans, le cours de bourse d’Evotec a été divisé par 4 et le plan de restructuration engagé en 2024 envisageait la suppression de 400 postes, soit un peu plus de 8 % des effectifs mondiaux, dont 64 au centre de recherche de Toulouse, un ancien site Sanofi repris en 2015 qui employait encore 900 personnes l’an passé, et 9 à Lyon, laboratoire d’une centaine de salariés dédié à la recherche de nouveaux antibiotiques, repris en 2018 au même Sanofi.




