La middle pharma française Servier profite de la rentrée pour étoffer son pipe dans des aires thérapeutique qu’elle explorait jusqu’alors avec parcimonie. La direction vient ainsi d’annoncer le rachat auprès du britannique Kaerus Bioscience de KER-0193, une petite molécule biodisponible par voie orale potentiellement indiquée dans le traitement du syndrome de l’X fragile, la cause génétique la plus fréquente des troubles du spectre autistique (TSA) : KER-0193 a d’ores et déjà franchi l’étape de la phase I et obtenu aux Etats-Unis le statut de médicament orphelin et de médicament pédiatrique rare. Selon les termes du deal – une première pour Servier en neurologie – Kaerus Bioscience a reçu une première somme non communiquée qu’elle pourrait compléter de paiements conditionnés au développement et à la commercialisation du produit pour un montant total de 450 M$.
Quelques jours avant cette annonce, Servier a rendu public l’accord de licence passé avec la biopharm californienne Ideaya Biosciences portant sur le darovasertib, un inhibiteur de la protéine kinase C (PKC) susceptible d’être autorisé dans le traitement du mélanome uvéal (MU) primaire et métastatique, un cancer rare de l’œil. Cet accord, qui constitue une nouvelle étape du switch engagé par Servier vers le traitement des cancers rares et agressifs, l’a conduit à débourser un paiement initial de 220 M$, pouvant être complété par une somme équivalente liée à la future commercialisation de la molécule. Rappelons que si Servier ne dispose d’aucun traitement enregistré en neurologie, il revendique aujourd’hui un CA de plus de 1 Md€ en oncologie.




