À l’occasion de la présentation de ses excellents résultats 2024/25 marqués par la progression de 16,2 % du CA à 6,9 Md€, la middle pharma française Servier a annoncé ce jour qu’elle allait finaliser son projet de cession au sein de sa filiale Biogaran au fonds d’investissement londonien BC Partners. Ce projet de vente d’un des piliers du groupe, dédié aux génériques, est amorcé depuis le mois d’août dernier, date à laquelle les dirigeants de Servier avaient indiqué être entrés en négociations exclusives avec le fonds britannique. Ce revirement est intervenu après que le groupe, présidé par Olivier Laureau, a envisagé au printemps 2024 de céder Biogaran aux génériqueurs indiens Torrent Pharmaceuticals et Aurobindo, qui convoitaient l’entreprise comme porte d’entrée vers le marché européen. Mais cette hypothèse de cession à des opérateurs extra-européens avait affolé Bercy et le gouvernement de l’époque ; ce dernier avait alors menacé de s’opposer à cette opération, attentatoire selon lui, à la souveraineté industrielle et sanitaire tricolore.
Le passeport européen de BC Partners a semble-t-il levé les dernières préventions puisque selon les dirigeants de Servier, « plus rien ne s’oppose à la transaction, toutes les autorisations ayant été obtenues ». BC Partners devrait donc obtenir dans les prochains jours la majorité du capital de Biogaran en ne laissant qu’une participation de 15 % à Bpifrance qui apporte la caution un peu plus que symbolique des pouvoirs publics à cette opération. Le montant de la transaction n’a naturellement pas été dévoilé, mais certaines sources estiment qu’il devrait être compris entre 800 M€ et 1,1 Md€. Biogaran, qui a réalisé un CA d’environ 1,1 Md€ sur son dernier exercice, « et qui affiche une belle robustesse » nous indique une porte-parole du groupe, ne dispose d’aucune capacité de production en propre. Plus de 90 % des volumes – plus de 350 millions de boîtes – commercialisés par Biogaran sont fabriqués en Europe par des CDMOs, dont la moitié en France.




