À force de menaces et de déclarations tonitruantes, le président Donald Trump est-il en passe de réussir son pari de la réindustrialisation dans le secteur pharmaceutique qu’il considère à juste titre éminemment stratégique ? Après Sanofi, Roche, Novartis et J&J, on apprend aujourd’hui que la big pharma GSK s’apprête à engager la bagatelle de 30 Md$ au cours des cinq prochaines années aux États-Unis. Le programme vise à consolider et accroître les capacités en R&D et manufacturing du laboratoire britannique qui ambitionne de conduire à terme « plus d’essais cliniques aux USA que dans le reste du monde ». D’ores et déjà, GSK indique qu’il va flécher 2,1 Md$ vers le développement de capacités de production adossées à des ressources en intelligence artificielle (IA). Ce programme spécifique va se traduire par la construction d’une nouvelle unité de biomanufacturing « agile » à Upper Merion (PA) où le britannique exploite une plateforme de R&D qui emploie 500 collaborateurs. Il prévoit aussi une importante expansion de capacités en IA au profit de cinq usines basées en Pennsylvanie, en Caroline du Nord, dans le Maryland et au Montana. Last but not the least, cette enveloppe initiale devrait venir soutenir le développement et l’optimisation de capacités de production de principes actifs et de dispositifs médicaux (auto-injecteurs).
Parfois, les bonnes nouvelles volent en escadrille ! Toujours animé par l’espoir de détendre l’irruptif président américain, l’américain Eli Lilly a indiqué, le même jour, qu’il allait consacrer 5 Md$ à la construction d’une unité de production de principes actifs, essentiellement des anticorps monoclonaux et des anticorps conjugués innovants (ADCs) qui seront exclusivement destinés au portefeuille produits et au pipe de Lilly. Cette usine, qui sera installée à Goochland County, à l’ouest de Richmond (Virginie), devrait employer 650 collaborateurs. Il convient toutefois de nuancer le caractère inédit de cette annonce. La future usine de Richmond est le premier des quatre nouveaux sites de production dont Lilly entend lancer le chantier cette année dans la cadre d’un programme d’investissement de 27 Md$ qui a déjà été révélé… en février dernier. L’America First des laboratoires américains se décline sur tous les tons !
Pour autant, selon le décompte du Wall Street Journal, l’ensemble des pharmas de la planète, désireuses d’échapper à la menace des trade tarrifs, projetteraient – à grands renforts de publicité – d’investir 350 Md$ aux États-Unis dans les prochaines années.




