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Carve-out : Sanofi tente de rassurer, sans convaincre

Philippe Luscan, le vice-président de Sanofi en charge des affaires industrielles, est au four et au moulin depuis que le groupe a engagé les grandes manœuvres des projets Pluton et Chloé, qui visent à filialiser deux pans entiers d’activités industrielles et commerciales. 
Le premier, dont les contours ont été précisés lors d’un récent comité de groupe, prévoit de créer, selon les éléments de langage de la direction, « un leader européen de la production de principes actifs ». Cette ambition résonne naturellement avec une force particulière dans un contexte marqué par la volonté du gouvernement de relocaliser des fabrications d’API pour regagner un peu du terrain perdu en matière de souveraineté sanitaire. Philippe Luscan n’a d’ailleurs pas manqué de souligner que les six usines concernées par cette filialisation – dont Vertolaye (63) et St-Aubin-lès-Elbeuf (76) en France – pourraient contribuer à la relocalisation de plusieurs dizaines d’API « dans le cadre des suggestions françaises et européennes ». De quoi consolider l’emploi de quelque 3 200 salariés, dont 1 200 collaborateurs français.
Mais c’est justement ce dernier point qui inquiète les représentants syndicaux. Ils redoutent que la mise sur orbite de Pluton soit plutôt le préalable d’un désengagement à plus ou moins long terme, voire d’une externalisation pure et simple, ce que dément naturellement aujourd’hui avec force la direction.
Ces craintes ont redoublé d’intensité suite à la circulation en interne, il y a quelques temps, d’un mémo confidentiel dont la portée, voire l’authenticité, sont contestées. Destiné à Philippe Luscan, mais aussi à Olivier Bogillot et Paul Hudson, ce document qu’actulabo s’est procuré fait allusion à un mystérieux projet Alastor visant « le carve-out (cession) des sites chimie français, hors IPO, à l’horizon 2023 ou l’annonce de leur fermeture pour l’horizon 2024 ». Si on crie à la fake news et à la « désinformation » côté dirigeants, les syndicats restent l’arme au pied. « Depuis les annonces initiales de Pluton, nous savons par déduction que nous encourons un risque de cession », estime-t-on à la CFDT.
Nous évoquerons le second projet de filialisation, Chloé, dans un prochain post.

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