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Covid-19 : Sanofi pris en défaut sur les questions de souveraineté sanitaire

Les propos tenus à Bloomberg News par le CEO de Sanofi Paul Hudson à propos de l’attribution des lots de l’hypothétique vaccin de la big pharma française contre le Covid-19 (« Le gouvernement américain aura droit à la plus grosse précommande parce qu’il a investi pour prendre le risque », suivi d’une confirmation sans ambiguïté : « J’ai fait campagne en Europe pour dire que les États-Unis recevront le vaccin en premier »), laborieusement déminés tant par Serge Weinberg, le président du conseil d’administration de Sanofi (« il faut relire les propos de Paul Hudson, qui ont été mal interprétés »), que par Olivier Bogillot, le directeur général du laboratoire pour la France, ont provoqué une telle vague d’indignation que le dirigeant britannique s’est senti obligé de formuler des excuses publiques. Dans un message interne adressé jeudi soir aux salariés du groupe et sobrement intitulé « A message from Paul », Paul Hudson a reconnu sa « responsabilité » dans cette polémique, tout en stipulant que ses déclarations avaient été retranscrites de « manière incorrecte »
Selon les syndicats, ces excuses ne changent rien sur le fond. Pour Thierry Bodin, le coordinateur CGT de Sanofi, « cette sortie, d’ailleurs précédée il y a quelques semaines par des déclarations similaires restées inaperçues, visent deux objectifs. Il s’agit tout d’abord d’obtenir de l’Europe, voire de la France, des soutiens financiers et des précommandes de même importance que celles accordées par la Barda américaine (Biomedical Advanced Research and Development Authority). Elles ont aussi pour but de faciliter l’obtention de procédures de fast track, tant aux États-Unis qu’en Europe. Ces manœuvres sont inacceptables, d’autant qu’elles sont tout sauf des erreurs de communication »
Une seconde patate chaude est susceptible de venir compromettre le story telling de Sanofi sur les sujets de souveraineté sanitaire : il s’agit du projet de création d’une spin-off regroupant les activités de fabrication d’API au capital de laquelle le n°6 mondial ne conserverait qu’une participation de 30 %. Cette nouvelle entreprise s’appuierait sur un riche appareil de manufacturing, comprenant les usines de Francfort (Allemagne), Brindisi (Italie), Haverhill (Royaume-Uni), Upjest (Hongrie), ainsi que celles de Vertolaye (63) et de St-Aubin-lès-Elbeuf (76), soit environ 3 200 salariés. 
Thierry Bodin est persuadé que « si Sanofi a la culot de présenter ce projet comme une consolidation, il s’agit bien d’un désengagement ». Le syndicaliste note « que ces infrastructures participent à la fabrication d’environ 200 produits de santé, dont une bonne part de médicaments d’intérêt thérapeutique majeur ». Un comité central d’entreprise doit en principe se tenir sur le sujet en juin ; on peut déjà parier que les débats seront animés…

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