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Le Conseil d’État calme le jeu sur l’hydroxychloroquine

De l’hydroxychloroquine pour les malades du Covid-19, oui, mais sur prescription hospitalière. Pas question de la délivrer en officine en dehors des indications de son AMM. Le juge des référés du Conseil d’État, qui avait été saisi par plusieurs particuliers pour contester la décision prise par le Premier ministre d’autoriser mais aussi de limiter l’administration de l’antipaludéen aux patients Covid-19 dans les établissements de santé qui les prennent en charge, a rejeté leur requête dans une ordonnance datée du 28 mars, en rappelant « qu’aucun traitement n’est à ce jour connu pour soigner les patients du Covid-19 et que les études cliniques disponibles à ce jour souffrent d’insuffisance méthodologique ».
Après avoir mentionné que les études menées tant par l’IHU de Marseille que par des Chinois (hôpital universitaire de Renmin, à Wuhan, NDLR), du 6 au 25 février derniers (en fait du 4 au 28, NDLR), ne permettaient pas « de conclure à l’efficacité clinique de l’hydroxychloroquine » et que le Haut conseil de la santé publique (HCSP) avait estimé le 23 mars que les conclusions de la première « doivent être considérés avec prudence en vertu de certaines faiblesses », la cour suprême administrative souligne que « l’essai clinique européen Discovery – dont les premiers résultats seront connus dans les tout prochains jours, NDLR – (…) permettra de recueillir des résultats plus significatifs ».
Vérité en deçà de l’Atlantique, erreur au-delà… À peu de jours d’intervalle, deux tribunaux administratifs antillais ont pris des décisions diamétralement opposées. Le 28 mars, celui de Basse-Terre enjoignait le CHU et l’agence régionale de santé (ARS) de Guadeloupe de « passer commande, sans attendre, des doses nécessaires au traitement de l’épidémie de Covid-19 par l’hydroxychloroquine et l’azithromycine (…) et de tests de dépistage du Covid-19, le tout en nombre suffisant pour couvrir les besoins présents et à venir de l’archipel guadeloupéen ». Le 1er avril, celui de Fort-de-France, à la Martinique, rejetait à l’inverse la requête en référé de syndicats et d’associations qui assignaient le Préfet, le CHU et l’ARS de l’île pour qu’ils commandent et mettent « à disposition des professionnels de santé les doses nécessaires au traitement de 200 000 (!) patients par hydroxychloroquine et azithromycine (…) ». Plus mesuré que son voisin, le juge martiniquais a, en effet, jugé que les stocks des deux molécules chères au Pr. Raoult sont « suffisants » pour « l’usage strictement encadré » qui doit en être fait.
Saisi par le CHU de Guadeloupe, le Conseil d’État a rejeté en date du 4 avril l’ordonnance du juge administratif de la Guadeloupe et les conclusions de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe, le syndicat qui l’avait saisi.

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