Covid-19 : trois laboratoires français en pole position pour les tests sérologiques

Dans la perspective du lancement imminent d’une campagne massive de dépistage de l’infection par le SARS-CoV-2, plusieurs laboratoires français sont engagés dans une course poursuite qui devrait aboutir dans les prochains jours. Ils proposent tous des tests sérologiques rapides permettant d’évaluer très rapidement, suite à un prélèvement sanguin, la présence d’une séquence spécifique d’anticorps indiquant que le patient est ou a été infecté. 
« Ce sont à ma connaissance des tests on/off réalisés sur bandelette ne préjugeant pas de la qualité et des caractéristiques de la réponse immunitaire qui n’est pas encore très bien connue, nous indique Bernard Binetruye, directeur de recherche à l’université Aix-Marseille. Mais s’ils font preuve de leur fiabilité, ils peuvent parfaitement accompagner la stratégie de déconfinement ». Ces dispositifs ne doivent pas être confondus avec la solution que développe la biopharm TheraVectys, spin-off de l’Institut Pasteur. Celle-ci, annoncée ces jours derniers avec fracas dans la presse grand public, permettrait de quantifier la présence d’anticorps et de graduer la réponse immunitaire. Mais son utilisation nécessite du temps et l’utilisation d’infrastructures lourdes.
Le breton NG Biotech a déjà marqué des points dans la bataille des tests sérologiques rapides. NG-Test®IgG-IgM Covid-19 a été favorablement inspecté par le Centre national de référence (CNR) des virus des infections respiratoires de l’Institut Pasteur et s’apprête à l’être aussi par la Direction générale de la santé (DGS) en vue d’une éventuelle commande de l’État. « Nous sommes prêts », nous confirme Alain Calvo, directeur du développement stratégique et co-fondateur de NG Biotech, qui indique que les forces armées tricolores ont déjà acheté 50 000 unités. Le laboratoire s’est aussi mis en ordre de marche sur le plan industriel ; il est en capacité de fabriquer 2 millions de tests par mois dès cet été et pourra en fournir le double d’ici à la fin de l’année.
Plus discrète, BioSpeedia, autre spin-off de Pasteur, participe à ce sprint final avec de solides arguments cliniques. Un premier test sérologique Covid-19 a été expérimenté avec succès dans les services du CHU de Saint-Étienne. « Nous avons obtenu un taux de sensibilité supérieur à 95 % chez des personnes convalescentes, ce qui laisse présager d’un faible pourcentage de faux négatifs », précise le Pr. Yves Germani, CSO de BioSpeedia, qui annonce qu’après avoir obtenu le marquage CE, le laboratoire pourra produire plus de 250 000 unités par semaine : « Nous ne sommes pas dans l’obligation d’attendre une éligibilité au remboursement, les hôpitaux peuvent déjà nous passer commande sur leur propre budget ». BioSpeedia développe également deux autres versions de son test candidat qui pourraient permettre de prévoir l’évolution de la pathologie chez certains patients et d’accompagner les programmes de développement de vaccins. 
Enfin, l’alsacien Biosynex, spécialisé dans la fabrication de tests rapides, a déjà fourni les premiers lots commerciaux de son test Biosynex Covid-19 BSS aux hôpitaux français ainsi qu’à des clients étrangers. Selon son pdg Larry Abensur, « le carnet de commandes s’élève à plusieurs millions d’unités qui vont être livrées dans les prochaines semaines ». Le laboratoire devrait également proposer une gamme d’autotests en passe d’obtenir le marquage CE. Dans cette perspective, Biosynex (31 M€ de CA en 2018) a cédé dans la première quinzaine d’avril 4,75 % de son capital pour 7,25 M€ ; cet argent frais financera ses besoins en fonds de roulement et l’acquisition de nouveaux automates de production.

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