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Famar Lyon toujours en panne d’un vrai repreneur

A quelques jours de la date limite de réception des lettres d’intention, fixée au 25 avril, les espoirs de reprise de l’usine Famar de St-Genis-Laval, près de Lyon, placée en redressement judiciaire en juillet 2019, paraissent bien ténus. Selon le syndicat CGT d’une usine qui emploie 290 salariés, dont 40 intérimaires, une seule proposition aurait été adressée à l’administrateur judiciaire. Portée par des investisseurs spécialisés dans le redressement d’entreprises en difficulté, elle ne prévoit que « la reprise d’une cinquantaine de salariés et ne présente guère de garanties sur le plan industriel ». Un second projet, émanant d’un opérateur libanais « exerçant des activités de répartition pharmaceutique en Europe et produisant des médicaments en sous-traitance au Liban », serait aussi exploré mais sans concrétisation à ce jour. 
Du côté des principaux façonniers français, sollicités par les pouvoirs publics et les collectivités locales, la plus grande prudence était de mise au moment où nous écrivons ces lignes. Cenexi, contrôlé par le fonds Cathay Capital, aurait déjà jeté l’éponge estimant que les perspectives de redressement sont « très incertaines ». Fareva, qui vient de reprendre coup sur coup MSD-Chibret à Riom (63) et les sites de bioproduction de Pierre Fabre à Idron (64) et St-Julien-en-Genevois (74), se montrait aussi très réservé sur l’issue d’un projet de reprise que le groupe dirigé par Bernard Fraisse a toutefois accepté d’étudier. Idem pour la CDMO Galien qui souhaite pourtant étoffer ses capacités, mais plutôt dans les formes stériles.
« Le problème, c’est que nos principaux clients (Sanofi, Merck Serono, Mylan, Abbott, Astellas, NDLR) rechignent à prendre des engagements fermes sur les volumes qui se sont beaucoup réduits et ne dépassent pas aujourd’hui les 4 millions de boîtes par semaine », nous indique le représentant de la CGT. Le syndicat, à l’instar de Laurent Wauquiez, le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et de plusieurs élus du territoire, réclament de l’État qu’il nationalise une usine devenue l’un des symboles de la souveraineté sanitaire perdue de la France. Le site de St-Genis-Laval est considéré à tort comme produisant la désormais fameuse hydroxychloroquine, alors qu’il n’emploie en fait qu’un sulfate de chloroquine importé du Sud-Est asiatique pour fabriquer l’antipaludéen Nivaquine, commercialisé par Sanofi.


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