Covid-19 : Paul Hudson pas payé de retour par les Américains

Selon le New York Times, l’administration Trump aurait sélectionné cinq laboratoires comme étant les plus susceptibles de produire le très attendu vaccin contre la Covid-19. Ce sont eux qui bénéficieront au premier chef du soutien d’Operation Warn Speed, le partenariat public-privé lancé par le gouvernement fédéral pour accélérer le développement de vaccins, de traitements et de diagnostics contre la maladie à coronavirus.
En première ligne des nominés, figurent la biopharm Moderna Therapeutics et le britannique AstraZeneca – ce dernier associé à l’université d’Oxford – qui devraient tester dès le mois prochain leurs candidats respectifs dans une phase III sur 30 000 patients. Les big pharmas américaines J&J, Pfizer et Merck & Co. sont également sélectionnées ; la première prévoit de faire accéder son candidat à une phase I au mois de septembre.
On aura bien sûr remarqué, entre autres absences, celles de Sanofi et de son associé GSK qui s’étaient fixé pour objectif de livrer un vaccin « au deuxième semestre 2021 ». Rétrospectivement, le CEO de Sanofi Paul Hudson, dont les déclarations à Bloomberg News avaient tant froissé les Français, doit amèrement regretter d’avoir promis la primeur du vaccin aux Américains. Ils le recevront peut-être avant les autres, mais Sanofi devra attendre son tour et passer après les donateurs de premier rang. Paul Hudson aura tout le loisir de ruminer sa déception en se souvenant que « l’ingratitude est la récompense du bienfaiteur »
Le choix du Dr. Moncef Slaoui, l’immunologue belgo-marocain désigné par Donald Trump pour piloter la task force Covid-19 au côté du général Gustave F. Perna, apparaît surprenant au regard de l’expérience que possède Sanofi, au même titre d’ailleurs que GSK, dans le domaine des vaccins. Et si les pistes suivies par Moderna et l’université d’Oxford sont innovantes, elles sont plus risquées que celle empruntée par Sanofi – le vaccin à base de protéines recombinantes – qui a déjà fait approuver nombre de ses produits par la FDA.
L’horizon de livraison plus tardif du duo franco-britannique l’a peut-être desservi, le président américain ayant promis à ses concitoyens une campagne massive de vaccination d’ici à la fin de l’année. Le Dr. Anthony S. Fauci, patron du National Institute of Allergy and Infectious Diseases, a même indiqué qu’il espérait disposer de « 200 millions de doses de vaccins d’ici au début 2021 ».

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