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Sanofi vendra-t-il toute sa division santé grand public ou seulement les usines ?

Le britannique Paul Hudson est décidément un adepte de la douche écossaise. Après avoir vendu à Emmanuel Macron, le 16 juin à Marcy-l’Étoile, un mirifique investissement de 610 M€ dans les vaccins, un mois après ses déclarations malheureuses à Bloomberg News, le CEO de Sanofi mettrait la dernière touche à un projet de désengagement de sa division santé grand public, qui a assuré près de 4,7 Md€ de revenus en 2019 à la big pharma française, soit 13 % de son CA, avec des produits comme Doliprane, Allegra, Dulcolax ou Zantac.
Selon nos informations, deux options seraient sur la table. La première viserait à externaliser l’ensemble de la division, produits et usines compris, la seconde consistant à se délester, à l’horizon 2022, du seul bloc industriel constitué de douze usines, dont les deux françaises de Lisieux (240 salariés) et Compiègne (480 salariés) : les autres unités concernées seraient Cologne (Allemagne), Rzeszow (Pologne), Origgio (Italie), Veresegyhaz (Hongrie), Hô Chi Minh-Ville (Vietnam), Narita (Japon), Virginia (Australie), Suzano (Brésil), Ocoyoacac (Mexique) et Chattanooga, dans le Tennessee. Dans ce schéma, Sanofi conserverait en propre la propriété des marques, que les analyses valorisent « entre 25 et 30 Md$ ».
« L’opération pourrait passer par la création d’une spin-off au capital de laquelle Sanofi ne conserverait à terme qu’une participation minoritaire, estime un représentant du personnel. C’est d’ailleurs le modèle qui est en train d’être mis en place pour les activités de fabrication d’API ». Un tel montage permettrait de répondre aux critiques qui s’abattront inévitablement sur le groupe tricolore s’il s’avisait de céder la propriété du Doliprane à la fabrication duquel est exclusivement dédiée l’usine de Lisieux, dans le Calvados (ci-dessus). On peut imaginer que Philippe Luscan, le vice-président du groupe en charge des opérations industrielles, sera assailli de questions lors de la visite qu’il doit effectuer le 20 juillet prochain sur le site de Compiègne, site parfois utilisé en back-up pour le Doliprane.
Ce projet n’était absolument pas au menu des échanges du Works Council Europe (comité de groupe européen) qui s’est tenu aujourd’hui ; cette réunion a présenté les grandes lignes d’un plan de départs volontaires collectif qui se traduira par la suppression de 1 700 postes sur trois ans, dont un millier en France. Cette restructuration ne toucherait que les fonctions support et commerciales du siège parisien de la rue de la Boétie et plusieurs sites à vocation tertiaire, entraînant la suppression du service informatique de Montpellier.
La recherche serait aussi touchée, avec la fermeture de l’unité R&D de Strasbourg, dont les 70 collaborateurs se verraient proposer une mutation à Vitry-sur-Seine (94), ainsi que des réductions d’effectifs sur le vaste campus du Val-de-Bièvre (94) qui abrite aujourd’hui 3 000 personnes. L’information sera complétée lors d’un CSE de Sanofi France qui se tiendra lundi.

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